Le chemin de la pensée

Le pouvoir être, tel qu’il vient à notre conscience, cherche son chemin vers le développement harmonieux de la vie. Il n’est pas fixé quelque part ; il n’a pas de structure ou d’identité à défendre. Son dynamisme ouvre l’éternité du présent sur le devenir en évolution. La dimension psychosociale de mon être se construit autour d’un centre figuratif : le moi avec son nom propre et son histoire. Ce centre est réel, mais il n’est pas tout ; il est rien, vanité proclame la tradition spirituelle. Il ne faut pas entendre ce mot dans un sens moral, mais ontologique. Le moi n’est pas notre identité profonde ; il n’en est que la manifestation temporelle. Elle peut être une manifestation authentique de la dimension spirituelle de l’être, ou une déformation qui engendre le chaos et la destruction.

J’essaie encore d’exprimer quelque chose sans y parvenir. Cela m’arrive constamment. C’est un peu pénible par moments ; mais c’est le chemin de la pensée qui essaie de s’accorder avec la vie ; elle cherche à tâtons son chemin dans les broussailles.

Le sens de la vie n’est pas une abstraction, un discours sur le sens de la vie. Il est donné dans la vie elle-même ; il suffit de l’écouter et d’apprendre son langage. Dans ce langage est contenu la science de l’amour. C’est cette science que la pensée cherche à tâtons en faisant venir l’expérience à la lumière des mots. Une clairière d’actions peut apparaitre où l’énergie des besoins peut être canalisée et orientée vers le service de la vie et de son élan évolutif.

Il faut choisir la vie du fond du coeur, en esprit et en vérité. Ce choix fondamental enracine l’action et le faire dans l’être. Le sens de la vie apparait à la conscience comme un chemin ouvert sur le futur ; un chemin qui peut, certes, être chargé de promesses et d’appréhensions, mais qui demeure un chemin de vie et de libération. Ce qui importe n’est pas tant le but visé, que le lieu d’où l’on part pour agir. Comme il est facile de l’oublier !

Trois repères, pour baliser le chemin :

  • Ne pas croire les pensées automatiques et spontanées qui nous viennent à l’esprit.
  • Revenir dans la présence ; dans l’enracinement dans l’être.
  • Se connecter avec l’amour ; avec la présence transcendante qui irradie à partir de la profondeur de notre être.

L’Amérique est malade

Les observateurs américains les plus lucides sont très inquiets de l’état d’esprit des 72 millions de citoyens qui ont voté pour Trump. Je crois qu’ils ont raison de s’inquiéter. L’Amérique est malade ; un cancer spirituel est en train de détruire les fondements de ses institutions. Il y a au sein de la population américaine une forte demande pour des explications malsaines et mensongères de la réalité. C’est comme un vide intérieur que de plus en plus de gens ne peuvent plus supporter ; ils ne savent pas comment habiter le monde dans lequel ils vivent. Le sens de la vie leur échappe totalement. Ils sont partis à la dérive dans un univers délirant et paranoïaque. Ils ont trouvé un sens à leur vie en combattant un ennemi irréel, inventé de toute pièce par des esprits tordus, vaniteux et avides, qui profitent de cette soif d’autant plus, qu’ils sont eux-mêmes dévorés par cette soif. Le succès politique de Trump est le symptôme de cette maladie. Elle ne disparaitra pas avec son départ de la Maison-Blanche. C’est malheureux, mais c’est ainsi. Le chemin vers la présence, passe par la reconnaissance de cette troublante maladie spirituelle.