Nous voilà, le jour s’est de nouveau levé. Nous avons fait notre petit voyage quotidien avec la terre qui tourne sur elle-même. Nous sommes de retour, comme à chaque matin, de chaque jour. C’est vraiment un miracle que nous soyons là, que je sois ici, embarqué dans ce voyage cosmique, dans cet univers si mystérieux et fascinant ! Quelle aventure ! Contrairement à ce que plusieurs pensent, je ne crois pas du tout que le monde séculier soit un monde désenchanté. Au contraire, j’ai le sentiment que le mystère s’est agrandi et approché, plus qu’il ne l’a jamais été. Ce n’est pas le mystère qui a disparu dans la lumière de notre savoir, et l’enchantement qui s’est dissipé derrière notre lucidité, c’est l’antique vision du monde où nous apparaissait le mystère de l’existence qui s’est effondrée, entrainant dans sa chute la naïveté de notre enchantement. Nous voici nus sur la terre, réfugiés dans des mondes que nous tissons avec nos mots, réchauffés par le soleil, autour duquel nous sommes en pèlerinage annuel. Quelle est notre destination ultime ? Nous l’ignorons. Personne ne le sait. L’inconnu est radical. Aucun savoir ne peut l’effacer et l’inclure dans sa lumière. Il est hors de notre saisie. Il n’est pas un mur infranchissable, qui encercle notre existence, mais une porte ouverte sur le miracle de notre présence. Pour l’ouvrir, il n’y a rien à faire ; il suffit d’être qui nous sommes, simplement. Nous sommes le mystère de la présence.
Étiquette : Comtemplation
Noël : sacrement de l’amour incarné
En écrivant, je cherche à faire venir dans la lumière des mots, ce qui depuis toujours est présent en moi. Ce qui est le plus précieux, ce n’est pas quelque chose sur moi, quelque chose qui parle de moi, de mon histoire, mais quelque chose qui irradie de la profondeur de mon être. J’écris cela dans l’aube du matin encore noir : ne pas m’éloigner de la lumière dans laquelle le monde nait, à chaque instant. L’écriture poétique introduit une fêlure dans l’écorce du monde par où la lumière du premier jour nous enveloppe de l’intérieur et irradie vers l’extérieur. Alors, un feu s’allume que rien ne peut plus éteindre. C’est Noël, le sacrement de l’amour incarné.
Présence
Traditionnellement, Noël est la fête du solstice d’hiver, le passage vers la croissance des jours, l’espérance qui s’éveille dans le coeur humain. Noël n’est pas un triomphe, mais une confiance discrète dans l’incertain, planté dans le sol de la vulnérabilité humaine. Joyeux Noël du fond du coeur !

Tableau aquarelle et numérique.
Peut-on arrêter le temps ?
Prendre le temps. Arrêter le temps. Peut-on arrêter le temps ? Il y a une dimension de la conscience qui n’est pas captive du temps, du devenir. Cette dimension ne peut être saisie, maitrisée. Elle n’a pas d’existence, comme en ont les choses. Elle n’apparait pas et ne disparait pas. Ce n’est pas non plus une immobilité, au sens de quelque chose de fixe. Ce qui est encore quelque chose. Il est très difficile de sortir des catégories de substances et de processus. Parce que la sortie n’est pas quelque part et ne mène nulle part. Appelons cela Silence, Royaume de Dieu, sainteté, éthique ou simplement présence.
La vie contemplative
Revenir chez soi, revenir à l’intention, à la conscience. Pour cela, entrer dans le silence, entrer dans la présence, entrer dans l’amour source, entrer dans la compréhension. Toutes ces expressions disent la même chose.
Il fut un temps où je cherchais la lumière dans le savoir, dans les théories, dans les mots. Je cherchais la matrice, la totalité, l’englobant. À vrais dire, j’ai cru souvent l’avoir trouvé. Cela durait un temps, quelques années, puis quelques mois, puis quelques semaines, puis quelques jours, puis, un jour, j’ai « vu » au-delà des mots. Je n’avais plus vraiment besoin de m’accrocher aux mots, aux théories, comme s’ils étaient la réalité sous mes pieds. La réalité sous mes pieds est au-delà des mots qui à la fois la désigne et la recouvre, comme un vêtement.
Tranquillement, quelque chose s’est apaisé. Une porte s’est ouverte sur l’au-delà du monde. Cet au-delà du monde n’est pas situé ailleurs, dans un autre espace/temps que celui que nous habitons tous. C’est un au-delà immanent au monde que nous habitons. Le monde tissé de langage que nous habitons n’est pas une totalité qui nous englobe et dans laquelle nous sommes irrémédiablement enfermés. Il y a des portes et des chemins de sortie qui nous ramènent au coeur du vivant, au centre de notre pouvoir être. Ces portes et ces chemins nous les cherchons tous. Ce sont les portes et les chemins de sagesse, d’éveil et de salut. Tous ces mots désignent cette sortie paradoxale du monde clos. Nous avons collectivement compris qu’il y a un au-delà des mots, une compréhension plus profonde d’où émane la lumière qui éclaire le sens de la vie de l’intérieur. Nous n’avons pas à le chercher.
Lorsque cette sortie du monde clos s’opère, Une transformation s’amorce. La lumière ne vient plus des mots. Nous sommes la lumière dans laquelle les mots prennent sens et recouvre la réalité de leur manteau et lui donne forme pour la conscience incarnée. Alors, la vie contemplative peut commencer.