Un pèlerinage au coeur du vivant

C’est le jour de Pâques.

Les nuages couvrent le ciel comme un manteau de ouates blanches et grises. La petite couche de neige qui est tombée au cours des derniers jours est fondue. Il ne reste que la neige accumulée pour le déneigement. Elle ne restera pas longtemps ; la température est à la hausse. Notre pèlerinage annuel autour du soleil est entré dans la zone printanière. Bientôt, les arbres vont se mettre à bourgeonner, et les nouvelles pousses apparaitre avec leur couleur tendre. Chaque printemps, la nature reprend vie. Nous vivons en elle et, comme elle, avec elle, nous traversons les saisons de notre vie. Notre âme est en pèlerinage autour du soleil intérieur, comme la terre autour du soleil. Nous traversons des saisons froides, d’autres chaudes, parfois accablantes. Il y a des temps d’orages et de tempêtes, suivis de périodes d’accalmies, que l’on croit devoir durer toujours, jusqu’à ce qu’elles se transforment en déserts arides. Puis, un matin, sans prévenir, une brise de tendresse se lève, et vient réconforter notre âme. C’est Pâques.

Pâques n’est pas seulement une date dans un calendrier, ni un rituel pratiqué dans des lieux de culte, qu’une croyance à laquelle nous adhérons ou pas ; ou un rassemblement familiale où l’on donne des cadeaux en chocolat aux enfants. C’est un vent léger qui, sans prévenir, souffle une brise de tendresse sur notre âme inquiète et angoissée, dans son pèlerinage au coeur du vivant.

Joyeuses Pâques !

Noël : sacrement de l’amour incarné

En écrivant, je cherche à faire venir dans la lumière des mots, ce qui depuis toujours est présent en moi. Ce qui est le plus précieux, ce n’est pas quelque chose sur moi, quelque chose qui parle de moi, de mon histoire, mais quelque chose qui irradie de la profondeur de mon être. J’écris cela dans l’aube du matin encore noir : ne pas m’éloigner de la lumière dans laquelle le monde nait, à chaque instant. L’écriture poétique introduit une fêlure dans l’écorce du monde par où la lumière du premier jour nous enveloppe de l’intérieur et irradie vers l’extérieur. Alors, un feu s’allume que rien ne peut plus éteindre. C’est Noël, le sacrement de l’amour incarné.

Présence

Traditionnellement, Noël est la fête du solstice d’hiver, le passage vers la croissance des jours, l’espérance qui s’éveille dans le coeur humain. Noël n’est pas un triomphe, mais une confiance discrète dans l’incertain, planté dans le sol de la vulnérabilité humaine. Joyeux Noël du fond du coeur !

Tableau aquarelle et numérique.

Le sens de Noël

La divinité s’incarne dans la vulnérabilité humaine, c’est à nous d’en prendre soin ; et lorsque nous en prenons soin, nous prenons soin de nous-mêmes. Je vis noël ainsi : Dieu qui vient se révéler dans la vulnérabilité, comme une présence à prendre soin. Dieu a besoin de nous. C’est le sens que j’aime donner à noël : Dieu est présent en nous, et sa présence doit être protégée ; car c’est en elle que nous avons la vie.