Lever du jour

Je me suis arraché au sommeil ce matin, pour me lever, déjeuner, prendre mon café, ma douche et venir m’assoir pour écrire.

Je n’écris pas au bord de la mer, mais à côté de ma fenêtre, dont la vue donne sur le croisement des rues Signay et Plessis. C’est bien tranquille, comme toujours. À cette heure, les autos sont rares, et il n’y a personne dans les rues.

La neige fond rapidement ; à tous les jours, le sol se dénude un peu plus. Bientôt, les pousses printanières vont apparaître sur le sol, dans les arbustes et les arbres, avec leurs couleurs vives et tendres. C’est leur façon de dire que la vie est amour et de nous le donner à voir en spectacle.

Jasmine s’est arrêtée

Ce tableau termine le cycle de ce personnage que j’ai rencontré au début de l’année. Il va peut-être revenir, mais pour le moment, je sais que je dois le laisser partir ; un autre personnage est venu à ma rencontre et je dois le dessiner. Je ne sais pas encore ce qu’il va m’apprendre. Il me faut prendre le temps de le connaitre. Parfois, c’est un peu long, mais c’est toujours étonnant ce qu’ils peuvent m’apprendre.

L’envers du jour

J’ai été fatigué toute la journée. Je suis tout de même allé marcher à l’extérieur avant le souper. L’air était froid. Beaucoup de choses arrivent dans une journée. Certaines sont réjouissantes, d’autres frustrantes. Les unes comme les autres, j’essaie de les cueillir, comme on cueille des fleurs, et je les laisse partir comme des oiseaux dans le ciel. Ce n’est pas de l’indifférence. Non ! C’est autre chose ; quelque chose qui enveloppe la vie de sa présence. On ne peut choisir le fond des choses ; il nous est donné entouré de mystère. La nuit est l’envers du jour. Ils sont inséparables. Il n’y a d’autre choix que le consentement à ce qui est vrai dans toute sa nudité et sa dureté, pour ouvrir la fenêtre du coeur et de l’esprit sur une liberté aventureuse et joyeuse, malgré tout, avec tout.

La banalité du mal, encore et toujours présente.

Le ciel est couvert ce matin. La banalité du mal. J’en ai vu une image hier en regardant les entrevues de Mike Mulvany (ex-directeur de cabinet du président.)a données sur les chaines nationales américaines (Fox et NBC). Un homme intelligent, posé, avec une grande expérience de la politique et du fonctionnement de l’État, justifier « rationellement » son engagement avec Trump. Il y aurait selon lui le Trump avant les élections, et le Trump après les élections. « Je ne pouvais pas voir ce qui allait arriver ; Trump était tellement différent à l’époque, bien différent de l’image qu’il pouvait donner à l’écran. » Certes, il essaie de préserver son image d’homme qui gouverne sa vie avec une intégrité morale, mais il ne peut effacer le fait que la conduite de Trump était hautement problématique depuis le début, avant même de se présenter à la présidence. Tous le savaient. Même les enfants le savaient. Mais quelque chose empêchait Mike Mulvany de le voir. Et ce quelque chose est là, encore aujourd’hui. Il célèbre les succès des politiques de Trump, lorsque lui, Mulvany, était là. Il ne semble pas se rendre compte que même si on reconnaissait le « succès » de ces politiques, ça ne pourrait jamais servir d’excuse pour tous les mensonges qui l’ont accompagné. Ces mensonges ont empoisonné l’âme américaine de millions de citoyens. L’autre argument qu’il utilise, c’est que les démocrates n’aiment pas Trump. Ils le détestent. C’est ce qui les aurait motivés durant les quatre années de sa présidence. Trump est une victime. C’est encore une fausse justification. Trump représente un réel danger pour les institutions démocratiques, l’ensemble de la société américaine et le monde. Il ne s’agit pas d’aimer, ou de détester le personnage, mais d’honorer et protéger les valeurs qui sous-tendent la vie démocratique, la vérité, la liberté et la justice, indissociablement. Ces valeurs fondatrices des sociétés démocratiques ne peuvent être confondues avec les idéologies conservatrice, libérale et progressiste qui sont constamment en batailles dans l’arène politique. Ces tensions et batailles politiques sont possibles et saines uniquement dans une adhésion commune aux valeurs qui fondent les sociétés démocratiques depuis l’aube des temps modernes : la vérité, la liberté et la justice, indissociablement. Le monde démocratique est un monde continuellement en tension et en bataille, c’est-à-dire en discussion. Rompre avec la vérité, c’est rompre avec la liberté, et sans liberté, il n’y a plus de discussion possible. Hors de la discussion balisée par la vérité, nous sortons de la démocratie et entrons dans un monde gouverné par un pouvoir autoritaire et violent. Il n’y a pas d’alternative pacifique à la démocratie, aussi difficile et décevante soit-elle.