L’Amérique est malade

Les observateurs américains les plus lucides sont très inquiets de l’état d’esprit des 72 millions de citoyens qui ont voté pour Trump. Je crois qu’ils ont raison de s’inquiéter. L’Amérique est malade ; un cancer spirituel est en train de détruire les fondements de ses institutions. Il y a au sein de la population américaine une forte demande pour des explications malsaines et mensongères de la réalité. C’est comme un vide intérieur que de plus en plus de gens ne peuvent plus supporter ; ils ne savent pas comment habiter le monde dans lequel ils vivent. Le sens de la vie leur échappe totalement. Ils sont partis à la dérive dans un univers délirant et paranoïaque. Ils ont trouvé un sens à leur vie en combattant un ennemi irréel, inventé de toute pièce par des esprits tordus, vaniteux et avides, qui profitent de cette soif d’autant plus, qu’ils sont eux-mêmes dévorés par cette soif. Le succès politique de Trump est le symptôme de cette maladie. Elle ne disparaitra pas avec son départ de la Maison-Blanche. C’est malheureux, mais c’est ainsi. Le chemin vers la présence, passe par la reconnaissance de cette troublante maladie spirituelle.

L’effondrement identitaire

Un individu peut être très conservateur, tout en étant très honnête, intègre, respectueux des autres et compatissant. Je l’ai appris et compris, en suivant de près la politique américaine, depuis les quatre dernières années. Cela m’a pris un peu de temps, pour comprendre clairement, que le problème avec Trump et ses principaux défenseurs républicains, ce n’est pas le conservatisme, mais l’intégrité. Ils vivent dans une réalité alternative, créé de toutes pièces et déconnectée des besoins de la population. De cette façon, ils croient conquérir le pouvoir et s’y maintenir. Ils ne l’avouent pas ouvertement, ou ne se l’avouent pas à eux-mêmes, mais quoi qu’il en soit, ce faisant, ils se mettent en rupture avec les valeurs qu’incarnent les institutions démocratiques. Ce mouvement – car c’est de cela qu’il s’agit ; Trump n’est que le personnage d’avant-plan – est à ma connaissance une réaction régressive très dangereuse, que l’on croyait dépassée et renvoyée dans les oubliettes de l’histoire, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Il est facile d’oublier les dures leçons de l’histoire ; il n’y a pas de vie qui peut fleurir et s’épanouir, hors de la tolérance, de la vérité, de la justice et de la bonté.

Mettre fin à l’itinérance : vers une approche compréhensive

Depuis le début des années 2000, on parle de plus en plus de mettre fin à l’itinérance dans l’espace public. On ne veut plus seulement « gérer » l’itinérance, on veut l’enrayer. Il y a là une réaction saine. D’abord, vis-à-vis un certain accommodement déraisonnable avec des façons de faire héritées du monde industriel, qui sont devenues totalement dépassées par la complexité des situations d’itinérance aujourd’hui. Il faut faire les choses autrement. Ensuite, pour éveiller et mettre en mouvement la responsabilité collective incarnée dans les institutions et les gouvernements. L’inertie gouvernementale et institutionnelle devant la croissance et la gravité de la rupture sociale est carrément irresponsable. Il faut agir. Mais pour cela, il faut une direction commune. C’est le rôle que veut jouer l’expression « mettre fin à l’itinérance ». Lire la suite de « Mettre fin à l’itinérance : vers une approche compréhensive »