La vie contemplative

Revenir chez soi, revenir à l’intention, à la conscience. Pour cela, entrer dans le silence, entrer dans la présence, entrer dans l’amour source, entrer dans la compréhension. Toutes ces expressions disent la même chose.

Il fut un temps où je cherchais la lumière dans le savoir, dans les théories, dans les mots. Je cherchais la matrice, la totalité, l’englobant. À vrais dire, j’ai cru souvent l’avoir trouvé. Cela durait un temps, quelques années, puis quelques mois, puis quelques semaines, puis quelques jours, puis, un jour, j’ai « vu » au-delà des mots. Je n’avais plus vraiment besoin de m’accrocher aux mots, aux théories, comme s’ils étaient la réalité sous mes pieds. La réalité sous mes pieds est au-delà des mots qui à la fois la désigne et la recouvre, comme un vêtement.

Tranquillement, quelque chose s’est apaisé. Une porte s’est ouverte sur l’au-delà du monde. Cet au-delà du monde n’est pas situé ailleurs, dans un autre espace/temps que celui que nous habitons tous. C’est un au-delà immanent au monde que nous habitons. Le monde tissé de langage que nous habitons n’est pas une totalité qui nous englobe et dans laquelle nous sommes irrémédiablement enfermés. Il y a des portes et des chemins de sortie qui nous ramènent au coeur du vivant, au centre de notre pouvoir être. Ces portes et ces chemins nous les cherchons tous. Ce sont les portes et les chemins de sagesse, d’éveil et de salut. Tous ces mots désignent cette sortie paradoxale du monde clos. Nous avons collectivement compris qu’il y a un au-delà des mots, une compréhension plus profonde d’où émane la lumière qui éclaire le sens de la vie de l’intérieur. Nous n’avons pas à le chercher.

Lorsque cette sortie du monde clos s’opère, Une transformation s’amorce. La lumière ne vient plus des mots. Nous sommes la lumière dans laquelle les mots prennent sens et recouvre la réalité de leur manteau et lui donne forme pour la conscience incarnée. Alors, la vie contemplative peut commencer.

Rêve d’automne

Je peins toujours dans mon journal Strathmore 100% coton ; de loin, mon préféré. Malheureusement, il ne me reste que trois pages, et c’est la FIN. Ce n’est pas très grave ; j’en ai un autre en réserve. 😊 Ce petit tableau est inspiré d’une oeuvre d’un ou une auteure dont j’ignore le nom. C’est la couverture d’une chanson d’Angelina Jordan : Fly me to the moon. Je l’ai adapté à mon goût. Le défi était d’atteindre le contraste et l’effet de lumière et de profondeur. C’est mon thème depuis quelques tableaux. Je porte aussi un peu plus d’attention à la composition. Mix média aquarelle et peinture numérique.

L’hiver est arrivé

J’ai passé quelques jours au chaud dans un petit chalet avec mon amour, entouré d’arbres géants et enveloppé dans le blanc de l’hiver. De retour, j’ai terminé sur mon iPad, ce tableau commencé à l’aquarelle et à l’encre, inspiré d’une photo d’une vieille maison de la Gaspésie.

Bonjour, c’est un nouveau jour qui commence.

Il m’arrive d’être tellement absorbé par mes petits projets réels ou imaginaires que j’oublie totalement la vie et le monde autour de moi. Je suis comme en transe. Une sorte de rêve éveillé. Alors, à chaque matin, au réveil, je prends le temps de regarder autour de moi, de respirer profondément et goûter la vie qui m’est donnée de vivre. Je ferme les yeux et lui dit bonjour du fond du coeur. C’est un nouveau jour qui commence.

Petite promenade à vélo

Je suis allé à vélo faire des courses cet après-midi. J’ai encore des petits travaux à effectuer. Faire du vélo dans le froid est un bonheur. J’aime mieux rouler l’automne et le printemps que l’été, lorsqu’il fait chaud. Les températures froides me conviennent très bien. C’est curieux, car je craignais les froids lorsque j’ai recommencé à faire du vélo. Mes craintes n’étaient pas justifiées, comme c’est souvent le cas. Il ne faut pas croire les pensées qui nous viennent spontanément à l’esprit. Je ne dis pas qu’il faut les ignorer ; parfois, elles sont justes, mais souvent elles déforment la réalité, soit en positif soit en négatif. Il vaut mieux ne pas les croire sans un examen sérieux. C’est ce que j’essaie de faire quotidiennement depuis plusieurs années. Les pensées qui me viennent automatiquement sont souvent le reflet de mes états d’âmes du moment et de la condition dans laquelle je me trouve. Elles ne correspondent pas nécessairement à la réalité ; elles sont réelles, mais pas nécessairement vrai. J’ai appris à les observer avec une certaine distance et curiosité. J’essaie de comprendre ce qu’elles veulent me dire. Ce n’est pas toujours facile ; car elles parlent un langage émotionnel primaire, chargé de blâmes, de récriminations, d’envies, de jalousies, de ressentiments, etc. Elles exagèrent constamment ; et plus elles s’expriment avec force et certitude, plus elles cachent la peur et le doute. J’essaie d’être attentif à ce qui se cache derrière, à ce qui est vivant, aux besoins dont je peux prendre l’entière responsabilité. Parfois, ça se fait très rapidement. J’arrête. Je tourne mon attention vers ce que je vis. J’écoute avec empathie les pensées qui me viennent à l’esprit, et je me connecte à l’énergie des besoins. La transformation s’effectue presque instantanément. D’autres fois, cela peut prendre quelques heures, une journée ou même quelques jours, rarement plus. Lorsque j’entre dans la brume et que le brouillard s’épaissit, je m’arrête, le temps de faire une éclaircie. Lorsque le chemin redevient suffisamment clair, je peux repartir. Évidemment, je ne vais nulle part littéralement. Ce sont des petites passerelles que la pensée bricole pour rejoindre et s’accorder à l’énergie de la vie à l’intérieur et autour de moi. Ce travail de la pensée est fondée sur l’intention de prendre soin de la vie, le mieux que je peux. J’ai fait ce choix, il y a longtemps déjà. Il guide mes actions et donne un sens à ma vie, au-delà des échecs et des réussites de l’existence. Il m’apaise et me procure une satisfaction profonde qui s’approche du bonheur de vivre sans autres raisons que la vie elle-même.

Pourquoi j’écris ?

J’écris depuis plusieurs années déjà. Pas à tous les jours, mais presque. Parfois, plusieurs heures par jour, parfois quelques minutes. Je ne suis pas un écrivain, mais un écrivant. C’est-à-dire, quelqu’un qui écrit, comme quelqu’un fait du ski, sans prétendre être un skieur professionnel. J’espère qu’il n’y a aucune prétention dans mon écriture autre que le bonheur d’écrire et le souci d’être vrai et le plus juste possible. Bref, je fais de mon mieux. Je ne peux pas dire que je suis indifférent aux regards des autres. Qui peut vraiment le prétendre ? Je ne le prétends pas. Par contre, je n’écris pas pour plaire, afin de convaincre, dans le but de provoquer et encore moins pour la réussite avec tout ce qui peut s’y rattacher. Non, j’écris pour quelque chose d’à la fois très intime et très commun. J’écris pour faire venir à la lumière de ma conscience l’expérience humaine qui m’est donnée de vivre à chaque jour. Je ne cherche pas ainsi à comprendre ce que je vis, mais à m’approcher du mystère que représente la conscience que j’ai de vivre. Je n’écris pas pour saisir la vie, mais pour aller à sa rencontre.

La biologie est un langage

J’ai dû m’absenter du monde durant quelque temps. Le temps qu’il faut pour que la vie fasse son travail, mène son combat et que je puisse retrouver l’énergie nécessaire pour mener mes aventures d’être au monde, comme écrire dans mon journal. Lorsque la vie est en bataille, ce qui est au-dessus s’effondre. Il n’y a plus rien de la vie aventurière qui tienne. On ne se lance plus dans des projets d’être ceci au cela, ou de faire ceci ou cela. On reste là, rivé au corps, à ses fonctions, lorsque c’est encore possible, à l’intensité de son langage de sensations et d’émotions. Eh oui ! Le corps parle ! La biologie est un langage.

Le Dieu intérieur

Thérèse a bien compris que Dieu, le ciel, l’au-delà est à l’intérieur d’elle ; c’est très important de bien le comprendre et, surtout, d’en avoir une expérience. C’est cette expérience qui nourrit la foi, Elle conserve la métaphysique de son époque, qui distingue le naturel et le surnaturel. Le surnaturel ayant une existence séparée et plus noble que le naturel ; il est plus haut dans la hiérarchie de l’être. Entre le surnaturel et le naturel, il y a une fracture créée par le péché originel. Ce qui rend la nature humaine fautive et méprisable. Ce qui est fascinant chez Thérèse, c’est qu’elle ne s’arrête pas là ; elle ne reste pas à la surface. Elle plonge dans la profondeur de son être et y découvre la présence de Dieu qui irradie en elle. Une présence qui devient la source à laquelle, elle va boire quotidiennement l’eau vive qui nourrit et guide son âme. Cette présence n’est pas un personnage auquel il faut croire, mais une expérience que l’on peut vivre. L’oraison est la porte vers cette expérience.

La plénitude du rien

Un autre jour s’achève. Mes idées sont dans la brume. J’attends qu’une éclaircie se fasse. Peut-être y verrais-je apparaitre quelque chose ? Peut-être pas. Parfois, il n’y a rien ; que de la brume. Mes pensées sont sans formes. Le rien n’a pas de forme. Toutefois, il n’est pas une absence, un manque ; il l’est parfois, mais pas toujours. Le rien peut-être aussi plénitude. Alors, il est présence.

Cette simplicité et cette nudité de l’être est désarmante. D’une certaine façon, elle inaugure le verbe être ; elle le laisse être, sans retenu.