L’esprit est curieux et inquiet. Il ne sait pas. Lorsqu’il s’éveille, il entre dans l’oubli. Étrange. Il s’absorbe dans la représentation du monde qui lui est donnée. Il ne sait pas encore quel est ce monde. Il va le découvrir lentement, très lentement. Il n’est pas seul. Même s’il est unique. Cela, c’est son âme. Elle aussi, il va la découvrir. L’esprit va vers l’universel et l’infini. Alors que l’âme l’ancre dans le singulier, le fini et la contingence. Comment faire l’unité ? Deux chemins. Un qui monte vers l’inconnu. Un qui descend dans la vulnérabilité parfois tragique de l’existence. Un qui mène à la libération de la souffrance en transcendant radicalement la personne. L’autre qui épouse la souffrance humaine et la transfigure. Victoire de l’Amour. Ces deux chemins ne sont opposés qu’en surface. En profondeur, ils ont une même source. Et ils s’entremêlent constamment. Lorsqu’on avance sérieusement sur un de ces chemins, l’autre s’ouvre sous nos pas. C’est comme si, pour ma part, j’avançais sur les deux en même temps. Par moment, l’un apparait au premier plan, à d’autres moments, c’est l’autre qui apparait. Je ne fais que suivre pas à pas ce que la vie m’offre à vivre chaque jour. J’avance avec le plus de sincérité et d’ouverture du coeur et de l’esprit dont je suis capable. C’est tout simple : choisir la vie sans condition, pour la vivre.