Écouter le silence

Rester proche de la vie. Le plus près possible. Parfois, c’est difficile, car tout semble s’obscurcir. Alors, il reste l’ironie et le rire pour tenir dans la traversé.
Curieux l’éveil spirituel. C’est tout petit. Tout simple. Rien d’extraordinaire. Ça passe inaperçu. Personne ne le voit. En fait, il n’y a rien à voir. L’éveil n’est pas un spectacle. C’est un accueil et une offrande. S’éveiller c’est se mettre à écouter la vérité de la vie et du monde résonner dans le silence intérieur et s’y sentir chez soi, malgré tout, avec tout.

Chercher le sens de la vie

L’idée de la faute semble s’estomper et passer à l’arrière-plan des enjeux existentiels dans notre culture. C’est l’expérience du vide et du non sens qui occupe l’avant-plan. Être perdu, ce n’est plus uniquement et peut-être surtout être fautif, pécheur, mais être désorienté, vulnérable et impuissant par rapport à la vie; déconnecté de sa propre vie, ne plus être en lien avec ce qui donne sens à la vie, sans même parfois s’en rendre compte.

Dès lors, revenir à Dieu, c’est-à-dire, à ce qui donne sens à la vie dans la profondeur de l’être et, surtout, la rencontre avec l’autre, passe davantage par la compassion que par la miséricorde. Ce qui ne veut pas dire que la miséricorde n’est plus un chemin d’accès au sens de la vie. Pour beaucoup aujourd’hui, ce passage s’est refermé derrière eux. Il appartient à un autre âge de la culture. Ce n’est plus tant la faute commise et la culpabilité qu’ils ressentent, que le vide et le non sens de la vie. Dès lors, le passage vers le centre et la plénitude qui l’accompagne passe par la connexion avec la profondeur mystérieuse de l’être, au-delà des projets investis par la personne. Apprendre à écouter dans le battement de son coeur, le battement du coeur de la vie. Apprendre à écouter dans le rythme de sa respiration la pulsion de l’élan vitale. Chaque jour, apprendre à accorder ses pas avec le rythme de la vie. La plénitude du sens de la vie ne se trouve pas à l’extérieur de la vie. L’âme a été déshabillée de ses enveloppes culturelles. Elle a été mise à nue et exposée à la vulnérabilité dans l’être. Pas à pas, au rythme de la vie, elle apprend à vivre dans la vulnérabilité de la présence, ancrer dans un chemin de vie avec les autres, ouvert sur l’inconnu.

Trouver son chemin

Il n’y a pas un chemin pour aller vers Dieu ou vers soi. Ce qui est la même chose. Il y en a autant qu’il y a de personnes qui cherchent sincèrement la Source de leur être dans le fond de leur coeur. La spiritualité vivante est une aventure que la personne doit apprendre à poursuivre seule. Elle doit trouver elle-même son chemin. Car dans cette aventure, il y va de son être propre, le plus intime. Le paradoxe, c’est qu’alors elle s’ouvre à la vie et aux autres. Elle ne se sent plus seule.

Présence

L’aventure spirituelle commence lorsque nous nous éveillons à la vie intérieure. La vie a sa source à l’intérieur de nous. Mais cette source on ne peut la chercher comme on cherche quelque chose de cachée qu’il nous faudrait découvrir. La vie spirituelle n’est pas quelque chose. Elle n’apparait pas devant nous et on ne peut la saisir. Elle n’est pas un objet de connaissance. La vie intérieure n’est pas une dimension spatiale. Elle n’est pas dedans, comme à l’intérieur d’une maison. Elle est une Présence à ce qui est. Attention et consentement à ce qui est.