Être sans enclos, en lien direct avec la réalité. Cela peut être insupportable. Ce n’est pas mauvais en soi de se mettre à l’abri des aspects les plus durs de la réalité. Parfois, il faut le faire simplement pour survivre. Nous sommes fragiles et vulnérables. Il peut être bon de s’appuyer lorsque la douleur physique et morale n’est plus supportable. Mais il faut bien essayer d’apprendre à marcher par soi-même si on le peut. Quelque chose en nous veut grandir. Quelque chose a soif d’être. Une soif qu’aucune possession ne peut rassasier. Nous accouchons de nous mêmes à travers les épreuves et les catastrophes qui nous arrivent. C’est comme des enveloppes protectrices qu’on laisse tomber. Certains n’y parviennent pas vraiment. Ils meurent avant de naitre. Soit étranglés par le malheur qui les étouffe, ou asphyxié dans l’enveloppe de la réussite, de la richesse et de la gloire. Pour respirer librement, il faut autre chose que la réussite. Quelque chose que le monde ne peut donner, sans lequel le monde devient un milieu hostile irrespirable.
L’autre soif
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