Revenir chez soi

Comme il est aisé de partir hors de soi ! Les mots nous annoncent une aventure chargée de promesses et nous partons aussi tôt. Nous nous voyons déjà sur le chemin récoltant et jouissant des fruits . Nous vivons dans cette clairière spatiotemporelle que crée notre esprit. Nous nous y glissons avec tant de passion qu’il nous est très difficile de nous rendre compte que nous sommes le plus souvent hors de nous, parti dans un ailleurs que notre esprit fabrique en marge de notre vie réelle. Revenir chez soi, après un voyage dans la forêt du monde, c’est le mouvement de la prière.

L’autre soif

Être sans enclos, en lien direct avec la réalité. Cela peut être insupportable. Ce n’est pas mauvais en soi de se mettre à l’abri des aspects les plus durs de la réalité. Parfois, il faut le faire simplement pour survivre. Nous sommes fragiles et vulnérables. Il peut être bon de s’appuyer lorsque la douleur physique et morale n’est plus supportable. Mais il faut bien essayer d’apprendre à marcher par soi-même si on le peut. Quelque chose en nous veut grandir. Quelque chose a soif d’être. Une soif qu’aucune possession ne peut rassasier. Nous accouchons de nous mêmes à travers les épreuves et les catastrophes qui nous arrivent. C’est comme des enveloppes protectrices qu’on laisse tomber. Certains n’y parviennent pas vraiment. Ils meurent avant de naitre. Soit étranglés par le malheur qui les étouffe, ou asphyxié dans l’enveloppe de la réussite, de la richesse et de la gloire. Pour respirer librement, il faut autre chose que la réussite. Quelque chose que le monde ne peut donner, sans lequel le monde devient un milieu hostile irrespirable.

Vivre avec l’inconnu et l’incertain

Le ciel est couvert ce matin.
On ne sait jamais ce que le jour nous réserve. Certains jours ressemblent aux autres. C’est une illusion de l’esprit. Aucun jour n’est comme les autres. Mais nos activités peuvent être routinières. Dans mon monde la routine est difficile à établir et à maintenir. J’essaie. La routine de certaines activités procurent un sentiment de continuité dans la vie. Elle permet aussi de progresser dans la durée; il y a des avancées qui ne peuvent s’accomplir qu’avec la persévérance dans la durée. Mais les routines peuvent aussi devenir des mécanismes mortifères qui emprisonnent toute créativité et spontanéité. Rien n’est en soi bon ou mauvais dans ce monde. Cela dépend du sens qu’elles ont pour la personne. Est-ce qu’elles sont en lien avec les besoins ou, au contraire, est-ce qu’elles sont dissociées des besoins de la personne ? Est-ce qu’elles nourrissent les besoins ou, au contraire, est-ce qu’elles creusent et maintiennent la personne dans un manque vital ? C’est venu ainsi ce matin.


Parlons un peu d’hier.
Drôle de journée où j’ai passé par toute une gamme d’émotions. La perte inexplicable de près de 300 fichiers sur mon ordinateur. Tout le travail d’écriture depuis les trois dernières années. Puis, je les ai retrouvé avec l’aide de Vicky qui travail pour Apple care. Je les ai de nouveau perdu. Puis retrouvé avec l’aide encore de Vicky. Cela a durée tout l’après-midi. Bon, je m’en suis finalement sorti indemne. Une journée bien différente de ce que j’attendais. Je m’étais levé de bonne humeur. Mais cela ne veut rien dire. Ce n’est pas parce que je suis de bonne humeur aujourd’hui qu’il ne m’arrivera rien de malheureux. Très difficile de déloger toutes les superstitions que notre esprit bricole pour se rassurer. Il vaut mieux apprendre à vivre avec l’inconnu et l’incertain. C’est ainsi que la vie humaine peut devenir merveilleuse.

L’inconnu

Dans ce que l’on voit, il y a toujours plus que ce que l’on voit. Ce plus, ce n’est pas autre chose caché derrière ce qui apparaît à l’extérieur et qu’il faudrait découvrir. C’est le fond d’inconnu sur lequel les choses apparaissent. La grande vision n’est pas celle qui voit beaucoup de choses, mais qui voit dans toutes choses la part d’inconnu qui l’enveloppe.

La non-dualité

La conscience non-duelle n’est pas sans objet. Elle est en relation avec les objets à partir d’un silence accueillant la réalité comme elle est, inconditionnellement. La conscience non-duelle est ouverture de l’esprit et bienveillance du coeur. D’abord bienveillance du coeur dans le silence apaisé de l’esprit.

Ce n’est pas un état d’être, un bien-être à atteindre, une sorte de nirvana. Il n’y a rien d’autre à atteindre que ce qui est déjà présent. La dualité est un point de vue naturel. C’est le monde tel qu’il apparait à la conscience dans la vie de tous les jours. La non-dualité, c’est le même monde du point de vue la conscience à l’intérieur de laquelle la dualité apparait : un simple changement de paradigme épistémologique.