
Jaco



À partir d’une photo de notre fille Priscilla.


Nous voilà, le jour s’est de nouveau levé. Nous avons fait notre petit voyage quotidien avec la terre qui tourne sur elle-même. Nous sommes de retour, comme à chaque matin, de chaque jour. C’est vraiment un miracle que nous soyons là, que je sois ici, embarqué dans ce voyage cosmique, dans cet univers si mystérieux et fascinant ! Quelle aventure ! Contrairement à ce que plusieurs pensent, je ne crois pas du tout que le monde séculier soit un monde désenchanté. Au contraire, j’ai le sentiment que le mystère s’est agrandi et approché, plus qu’il ne l’a jamais été. Ce n’est pas le mystère qui a disparu dans la lumière de notre savoir, et l’enchantement qui s’est dissipé derrière notre lucidité, c’est l’antique vision du monde où nous apparaissait le mystère de l’existence qui s’est effondrée, entrainant dans sa chute la naïveté de notre enchantement. Nous voici nus sur la terre, réfugiés dans des mondes que nous tissons avec nos mots, réchauffés par le soleil, autour duquel nous sommes en pèlerinage annuel. Quelle est notre destination ultime ? Nous l’ignorons. Personne ne le sait. L’inconnu est radical. Aucun savoir ne peut l’effacer et l’inclure dans sa lumière. Il est hors de notre saisie. Il n’est pas un mur infranchissable, qui encercle notre existence, mais une porte ouverte sur le miracle de notre présence. Pour l’ouvrir, il n’y a rien à faire ; il suffit d’être qui nous sommes, simplement. Nous sommes le mystère de la présence.

C’est le jour de Pâques.
Les nuages couvrent le ciel comme un manteau de ouates blanches et grises. La petite couche de neige qui est tombée au cours des derniers jours est fondue. Il ne reste que la neige accumulée pour le déneigement. Elle ne restera pas longtemps ; la température est à la hausse. Notre pèlerinage annuel autour du soleil est entré dans la zone printanière. Bientôt, les arbres vont se mettre à bourgeonner, et les nouvelles pousses apparaitre avec leur couleur tendre. Chaque printemps, la nature reprend vie. Nous vivons en elle et, comme elle, avec elle, nous traversons les saisons de notre vie. Notre âme est en pèlerinage autour du soleil intérieur, comme la terre autour du soleil. Nous traversons des saisons froides, d’autres chaudes, parfois accablantes. Il y a des temps d’orages et de tempêtes, suivis de périodes d’accalmies, que l’on croit devoir durer toujours, jusqu’à ce qu’elles se transforment en déserts arides. Puis, un matin, sans prévenir, une brise de tendresse se lève, et vient réconforter notre âme. C’est Pâques.
Pâques n’est pas seulement une date dans un calendrier, ni un rituel pratiqué dans des lieux de culte, qu’une croyance à laquelle nous adhérons ou pas ; ou un rassemblement familiale où l’on donne des cadeaux en chocolat aux enfants. C’est un vent léger qui, sans prévenir, souffle une brise de tendresse sur notre âme inquiète et angoissée, dans son pèlerinage au coeur du vivant.
Joyeuses Pâques !
Le ciel est bleu ce matin : aucun nuage à l’horizon.
Conversation éclairante sur la première étape des AA. Lorsqu’on comprend réellement la première étape, quelque chose de fondamental arrive : on cesse d’essayer d’arrêter. On a compris et accepter que tous ces efforts pour arrêter ne servait à rien. Alors s’ouvre la porte du rétablissement. Quelque chose d’autre peut commencer. Arrêter n’est plus un travail que j’ai à faire. Je peux cesser d’être en lutte et déposer le fardeau. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus rien à faire. Certes, il y a beaucoup à faire, mais il ne s’agit pas d’arrêter les comportements addictifs ou compulsifs, mais de vivre. Arrêter de consommer ou d’agir compulsivement n’est pas quelque chose à faire. C’est un résultat qui arrive, lorsque je me sens relié à la vie, à travers ce que je fais chaque jour, un jour à la fois. Je n’essaye pas d’arrêter un comportement addictif ou compulsif, mais d’accueillir, habiter et aimer la vie qui m’est offerte chaque jour. Arrêter est le résultat de ce consentement du fond du coeur à la vie. La lutte pour arrêter fait parti du comportement addictif et compulsif, elle ne peut être la solution ; elle est au coeur du problème.