Je suis allé à vélo faire des courses cet après-midi. J’ai encore des petits travaux à effectuer. Faire du vélo dans le froid est un bonheur. J’aime mieux rouler l’automne et le printemps que l’été, lorsqu’il fait chaud. Les températures froides me conviennent très bien. C’est curieux, car je craignais les froids lorsque j’ai recommencé à faire du vélo. Mes craintes n’étaient pas justifiées, comme c’est souvent le cas. Il ne faut pas croire les pensées qui nous viennent spontanément à l’esprit. Je ne dis pas qu’il faut les ignorer ; parfois, elles sont justes, mais souvent elles déforment la réalité, soit en positif soit en négatif. Il vaut mieux ne pas les croire sans un examen sérieux. C’est ce que j’essaie de faire quotidiennement depuis plusieurs années. Les pensées qui me viennent automatiquement sont souvent le reflet de mes états d’âmes du moment et de la condition dans laquelle je me trouve. Elles ne correspondent pas nécessairement à la réalité ; elles sont réelles, mais pas nécessairement vrai. J’ai appris à les observer avec une certaine distance et curiosité. J’essaie de comprendre ce qu’elles veulent me dire. Ce n’est pas toujours facile ; car elles parlent un langage émotionnel primaire, chargé de blâmes, de récriminations, d’envies, de jalousies, de ressentiments, etc. Elles exagèrent constamment ; et plus elles s’expriment avec force et certitude, plus elles cachent la peur et le doute. J’essaie d’être attentif à ce qui se cache derrière, à ce qui est vivant, aux besoins dont je peux prendre l’entière responsabilité. Parfois, ça se fait très rapidement. J’arrête. Je tourne mon attention vers ce que je vis. J’écoute avec empathie les pensées qui me viennent à l’esprit, et je me connecte à l’énergie des besoins. La transformation s’effectue presque instantanément. D’autres fois, cela peut prendre quelques heures, une journée ou même quelques jours, rarement plus. Lorsque j’entre dans la brume et que le brouillard s’épaissit, je m’arrête, le temps de faire une éclaircie. Lorsque le chemin redevient suffisamment clair, je peux repartir. Évidemment, je ne vais nulle part littéralement. Ce sont des petites passerelles que la pensée bricole pour rejoindre et s’accorder à l’énergie de la vie à l’intérieur et autour de moi. Ce travail de la pensée est fondée sur l’intention de prendre soin de la vie, le mieux que je peux. J’ai fait ce choix, il y a longtemps déjà. Il guide mes actions et donne un sens à ma vie, au-delà des échecs et des réussites de l’existence. Il m’apaise et me procure une satisfaction profonde qui s’approche du bonheur de vivre sans autres raisons que la vie elle-même.
Petite promenade à vélo
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