Rêve d’automne

Je peins toujours dans mon journal Strathmore 100% coton ; de loin, mon préféré. Malheureusement, il ne me reste que trois pages, et c’est la FIN. Ce n’est pas très grave ; j’en ai un autre en réserve. 😊 Ce petit tableau est inspiré d’une oeuvre d’un ou une auteure dont j’ignore le nom. C’est la couverture d’une chanson d’Angelina Jordan : Fly me to the moon. Je l’ai adapté à mon goût. Le défi était d’atteindre le contraste et l’effet de lumière et de profondeur. C’est mon thème depuis quelques tableaux. Je porte aussi un peu plus d’attention à la composition. Mix média aquarelle et peinture numérique.

L’hiver est arrivé

J’ai passé quelques jours au chaud dans un petit chalet avec mon amour, entouré d’arbres géants et enveloppé dans le blanc de l’hiver. De retour, j’ai terminé sur mon iPad, ce tableau commencé à l’aquarelle et à l’encre, inspiré d’une photo d’une vieille maison de la Gaspésie.

Bonjour, c’est un nouveau jour qui commence.

Il m’arrive d’être tellement absorbé par mes petits projets réels ou imaginaires que j’oublie totalement la vie et le monde autour de moi. Je suis comme en transe. Une sorte de rêve éveillé. Alors, à chaque matin, au réveil, je prends le temps de regarder autour de moi, de respirer profondément et goûter la vie qui m’est donnée de vivre. Je ferme les yeux et lui dit bonjour du fond du coeur. C’est un nouveau jour qui commence.

Petite promenade à vélo

Je suis allé à vélo faire des courses cet après-midi. J’ai encore des petits travaux à effectuer. Faire du vélo dans le froid est un bonheur. J’aime mieux rouler l’automne et le printemps que l’été, lorsqu’il fait chaud. Les températures froides me conviennent très bien. C’est curieux, car je craignais les froids lorsque j’ai recommencé à faire du vélo. Mes craintes n’étaient pas justifiées, comme c’est souvent le cas. Il ne faut pas croire les pensées qui nous viennent spontanément à l’esprit. Je ne dis pas qu’il faut les ignorer ; parfois, elles sont justes, mais souvent elles déforment la réalité, soit en positif soit en négatif. Il vaut mieux ne pas les croire sans un examen sérieux. C’est ce que j’essaie de faire quotidiennement depuis plusieurs années. Les pensées qui me viennent automatiquement sont souvent le reflet de mes états d’âmes du moment et de la condition dans laquelle je me trouve. Elles ne correspondent pas nécessairement à la réalité ; elles sont réelles, mais pas nécessairement vrai. J’ai appris à les observer avec une certaine distance et curiosité. J’essaie de comprendre ce qu’elles veulent me dire. Ce n’est pas toujours facile ; car elles parlent un langage émotionnel primaire, chargé de blâmes, de récriminations, d’envies, de jalousies, de ressentiments, etc. Elles exagèrent constamment ; et plus elles s’expriment avec force et certitude, plus elles cachent la peur et le doute. J’essaie d’être attentif à ce qui se cache derrière, à ce qui est vivant, aux besoins dont je peux prendre l’entière responsabilité. Parfois, ça se fait très rapidement. J’arrête. Je tourne mon attention vers ce que je vis. J’écoute avec empathie les pensées qui me viennent à l’esprit, et je me connecte à l’énergie des besoins. La transformation s’effectue presque instantanément. D’autres fois, cela peut prendre quelques heures, une journée ou même quelques jours, rarement plus. Lorsque j’entre dans la brume et que le brouillard s’épaissit, je m’arrête, le temps de faire une éclaircie. Lorsque le chemin redevient suffisamment clair, je peux repartir. Évidemment, je ne vais nulle part littéralement. Ce sont des petites passerelles que la pensée bricole pour rejoindre et s’accorder à l’énergie de la vie à l’intérieur et autour de moi. Ce travail de la pensée est fondée sur l’intention de prendre soin de la vie, le mieux que je peux. J’ai fait ce choix, il y a longtemps déjà. Il guide mes actions et donne un sens à ma vie, au-delà des échecs et des réussites de l’existence. Il m’apaise et me procure une satisfaction profonde qui s’approche du bonheur de vivre sans autres raisons que la vie elle-même.

Pourquoi j’écris ?

J’écris depuis plusieurs années déjà. Pas à tous les jours, mais presque. Parfois, plusieurs heures par jour, parfois quelques minutes. Je ne suis pas un écrivain, mais un écrivant. C’est-à-dire, quelqu’un qui écrit, comme quelqu’un fait du ski, sans prétendre être un skieur professionnel. J’espère qu’il n’y a aucune prétention dans mon écriture autre que le bonheur d’écrire et le souci d’être vrai et le plus juste possible. Bref, je fais de mon mieux. Je ne peux pas dire que je suis indifférent aux regards des autres. Qui peut vraiment le prétendre ? Je ne le prétends pas. Par contre, je n’écris pas pour plaire, afin de convaincre, dans le but de provoquer et encore moins pour la réussite avec tout ce qui peut s’y rattacher. Non, j’écris pour quelque chose d’à la fois très intime et très commun. J’écris pour faire venir à la lumière de ma conscience l’expérience humaine qui m’est donnée de vivre à chaque jour. Je ne cherche pas ainsi à comprendre ce que je vis, mais à m’approcher du mystère que représente la conscience que j’ai de vivre. Je n’écris pas pour saisir la vie, mais pour aller à sa rencontre.

La biologie est un langage

J’ai dû m’absenter du monde durant quelque temps. Le temps qu’il faut pour que la vie fasse son travail, mène son combat et que je puisse retrouver l’énergie nécessaire pour mener mes aventures d’être au monde, comme écrire dans mon journal. Lorsque la vie est en bataille, ce qui est au-dessus s’effondre. Il n’y a plus rien de la vie aventurière qui tienne. On ne se lance plus dans des projets d’être ceci au cela, ou de faire ceci ou cela. On reste là, rivé au corps, à ses fonctions, lorsque c’est encore possible, à l’intensité de son langage de sensations et d’émotions. Eh oui ! Le corps parle ! La biologie est un langage.

Le Dieu intérieur

Thérèse a bien compris que Dieu, le ciel, l’au-delà est à l’intérieur d’elle ; c’est très important de bien le comprendre et, surtout, d’en avoir une expérience. C’est cette expérience qui nourrit la foi, Elle conserve la métaphysique de son époque, qui distingue le naturel et le surnaturel. Le surnaturel ayant une existence séparée et plus noble que le naturel ; il est plus haut dans la hiérarchie de l’être. Entre le surnaturel et le naturel, il y a une fracture créée par le péché originel. Ce qui rend la nature humaine fautive et méprisable. Ce qui est fascinant chez Thérèse, c’est qu’elle ne s’arrête pas là ; elle ne reste pas à la surface. Elle plonge dans la profondeur de son être et y découvre la présence de Dieu qui irradie en elle. Une présence qui devient la source à laquelle, elle va boire quotidiennement l’eau vive qui nourrit et guide son âme. Cette présence n’est pas un personnage auquel il faut croire, mais une expérience que l’on peut vivre. L’oraison est la porte vers cette expérience.

La plénitude du rien

Un autre jour s’achève. Mes idées sont dans la brume. J’attends qu’une éclaircie se fasse. Peut-être y verrais-je apparaitre quelque chose ? Peut-être pas. Parfois, il n’y a rien ; que de la brume. Mes pensées sont sans formes. Le rien n’a pas de forme. Toutefois, il n’est pas une absence, un manque ; il l’est parfois, mais pas toujours. Le rien peut-être aussi plénitude. Alors, il est présence.

Cette simplicité et cette nudité de l’être est désarmante. D’une certaine façon, elle inaugure le verbe être ; elle le laisse être, sans retenu.

Le ciel est à l’intérieur

Est-ce important de comprendre ce qu’est le ciel ? Est-ce important de savoir où se trouve le ciel ? Thérèse pose ces questions à ses soeurs dans le chemin de la perfection. Sa réponse est simple et peut être étonnante, lorsqu’on pense à l’enseignement traditionnel de l’Église : Dieu est à l’intérieur de chacune de vous. Dans la profondeur de notre être il y a une petite porte : la porte du coeur. Il suffit de l’ouvrir pour être chez Dieu. Le paradoxe est que lorsque l’on entre chez Dieu par la petite porte du coeur, on prend conscience que l’on est chez soi ; que notre demeure véritable est avec lui. Lorsque Thérèse écrit que le ciel n’est pas là-haut, mais en dedans, elle renvoie à Augustin qui avait longtemps erré et cherché Dieu à l’extérieur, avant de se rendre compte qu’il était à l’intérieur.

Curieux tout de même que l’Église n’est pas plus centrée son enseignement sur la découverte et l’ouverture de la petite porte du coeur. Peut-être est-ce la chose la plus essentielle dans la spiritualité : comment repérer et ouvrir la petite porte du coeur sur le ciel intérieur où est notre vrai demeure ?

Lorsque l’on a découvert le chemin et ouvert cette porte, une nouvelle vie commence. C’est comme une renaissance. La vie elle-même et le monde ne se transforment pas. C’est notre rapport à la vie et au monde qui change. Nous avons trouvé notre véritable demeure à partir de laquelle nous pouvons désormais vivre et habiter le monde autrement. C’est un changement radical. Notre coeur cherche sa Source, sa demeure, ses racines ; il se cherche. Sa véritable demeure n’est pas l’extériorité de la vie et du monde où il existe. Notre corps a sa demeure dans la vie et la nature qui l’englobe. Nous avons besoin d’oxygène pour respirer, de nourriture afin de nous alimenter et de refuges pour nous abriter. C’est notre demeure terrestre. Notre esprit, lui, est chez lui dans le monde. Il a besoin d’un langage pour communiquer et comprendre le monde qui l’entoure et ce qu’il vit. Avec son langage, il forme des récits qui lui ouvre la fenêtre du temps narratif. Il y fait sa demeure spirituelle ; il habite l’histoire. Pour retenir le temps et se repérer, il pose des piliers. Il a besoin de stabilité et de continuité dans l’histoire. Ce sont les institutions qui les lui procurent. Elles forment le monde dans lequel nous vivons et dans lequel arrivent les nouveaux nés. Nous leur laissons en partant. Le coeur, lui, n’a pas sa demeure véritable ni dans la nature, ni dans le monde. Il a sa demeure dans la profondeur de l’être où se trouve une petite porte secrète. Nous devons la trouver, y pénétrer et nous y installer. C’est le rôle de la spiritualité et de l’éducation de guider et d’accompagner les personnes vers cette porte. Par contre, nous devrons tous la franchir seules, dans le secret de notre coeur.